Froidmont dans les rues de Bruxelles : quand l’insertion socioprofessionnelle fait entendre sa voix
Le 22 mai dernier, nos stagiaires en maraîchage biologique ont troqué temporairement leurs bottes de jardin contre leurs chaussures de marche pour rejoindre les rues de Bruxelles. Aux côtés de milliers de travailleuses et travailleurs du secteur non-marchand, nous avons participé à une manifestation historique pour défendre l'avenir de l'insertion socioprofessionnelle.
Une mobilisation nécessaire
Avec plus de 14 000 personnes demandeuses d’emplois formées chaque année, les centres d’insertion socioprofessionnelle s’adressent en effet à des personnes assez éloignées de l’emploi (plus de 2/3 du public en formation dans un CISP n’a pas terminé ses études secondaires).
Face aux “politiques d’austérité” menées par les différents niveaux de pouvoir, nous ne pouvions rester silencieux. Le gouvernement fédéral et les instances régionales multiplient les signaux inquiétants : réductions budgétaires, flexibilisation accrue, absence de perspectives pour de nouveaux accords sociaux.
Froidmont : faire le maximum avec ce qu’on a
À la Ferme de Froidmont, nous connaissons bien les défis du secteur. Nos subventions ne couvrent que 48% de nos activités de formation. Nous devons auto-financer les 52% restants grâce à nos activités marchandes : notre restaurant, nos paniers bio, notre marché hebdomadaire.
Cette situation nous pousse constamment à l’innovation. Comment maintenir la qualité de nos formations malgré les contraintes budgétaires ? Comment continuer à accompagner chaque stagiaire vers un emploi stable avec des moyens qui diminuent ?
Notre réponse ? L’économie sociale en action. En créant des synergies entre formation, production biologique et restauration, nous démontrons qu’il est possible de concilier efficacité pédagogique et viabilité économique.
Nos revendications pour l’avenir de nos stagiaires
Lors de cette manifestation, nous avons porté des revendications qui résonnent profondément avec notre projet :
Non à l’austérité
Nous demandons un refinancement massif du secteur non-marchand. L’insertion socioprofessionnelle n’est pas un coût, c’est un investissement dans l’avenir.
Reconnaissance de notre plus-value sociale
Nos 86% de taux de retour à l’emploi parlent d’eux-mêmes. Les CISP sont des acteurs essentiels de la remise à l’emploi.
Des politiques d’emploi cohérentes
Nous réclamons des mesures inclusives, respectueuses de nos publics en insertion, qui tiennent compte de leurs spécificités.
Des moyens adaptés
Pour lutter efficacement contre les inégalités sociales, nous avons besoin de ressources suffisantes et pérennes.
L’esprit Froidmont : résistance et créativité
Cette manifestation nous a rappelé que nous ne sommes pas seuls. Partout en Wallonie, 156 centres d’insertion socioprofessionnelle mènent le même combat que nous. Ensemble, nous formons un réseau solidaire qui refuse de voir l’insertion professionnelle sacrifiée sur l’autel de l’austérité.
À Froidmont, nous continuerons à faire preuve de créativité pour maintenir l’excellence de nos formations. Nos récents développements – comme notre module de préparation au permis de conduire ou notre collaboration avec des organismes de formation – montrent que nous savons nous adapter tout en gardant le cap sur notre mission première.
Un message d’espoir
Malgré les difficultés, nous restons optimistes. Nos stagiaires qui ont manifesté le 22 mai portent en eux cette capacité de transformation que nous cultivons chaque jour à Froidmont.
Le 22 mai, nos voix se sont élevées dans les rues de Bruxelles. Aujourd’hui, nos mains retournent à la terre, nos équipes reprennent les formations, notre restaurant continue d’accueillir. Mais l’écho de cette mobilisation résonne encore : nous ne lâcherons rien.
Vous voulez soutenir notre action ? Venez bruncher chez nous, inscrivez-vous à nos paniers bio, participez à nos Apéros de Froidmont. Chaque geste compte pour faire vivre l’insertion socioprofessionnelle à Froidmont et ailleurs.
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